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Maniac - 1934 (Je n'étais pas prêt pour ça !)

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Genre : Thriller, inclassable

Année : 1934

Durée : 51 min

 

Synopsis :

Don Maxwell travaille comme assistant de laboratoire pour le Dr Meirschultz, un scientifique fou, qui tente de ramener les morts à la vie. Lorsque Don tue Meirschultz, il tente de cacher son crime en devenant le médecin, en reprenant son travail et en copiant son apparence et ses manières. Ce faisant, il devient lentement fou.

 

La critique : 

Il y a des fois dans la vie d'un chroniqueur où celui-ci se retrouve confrontéà des choix cornéliens. Vous le savez sans doute, mais j'affectionne énormément la variété et la diversité dans le travail. Quoi de plus emmerdant que de chroniquer toujours le même genre de films sans aller plus loin, tenter de nouvelles approches, tâter des expériences différentes. Non seulement, ça permet d'acquérir une certaine maturité, si j'ose dire, d'un point de vue professionnel dans le fait d'adapter son argumentation à la situation. Mais ça permet aussi de fréquenter des horizons différents que peu de personnes au sein du grand public ont eu l'occasion ou la malchance de ne pas s'y confronter un jour ou l'autre. Peut-on leur en vouloir d'être quelque peu réfractaire à l'underground, aux OFNI en tout genre et autres expériences éprouvantes ? Bien sûr, on ne peut pas contraindre les gens à s'intéresser à des choses que l'on adore sous peine de créer une répulsion chez eux à défaut d'une sollicitation d'intérêt.
Sur un blog aussi éclectique que Cinéma Choc, c'est un cadeau offert aux chroniqueurs que de varier les plaisirs. Le site se targuant d'un inconditionnel amour pour le trash et l'expérimental. Aux 890 466 personnes qui ont lu mes chroniques (moyenne basse), vous avez eu depuis longtemps la preuve que je pouvais chroniquer autant du Apichatpong Weerasethakul que du porno trash ultra déviant. Pour vous faire une confidence, aucun film rentrant dans les codes du site ne me freine à en faire une chronique. Et Dieu sait que les belles prises de tête furent légions en rédigeant le papier d'une oeuvre, dont la bizarrerie laissait place à la folie.

Seul le très particulier Avalon avait eu raison de moi, mais il faut remonter au temps où je débutais encore. Fort heureusement, l'érudition du boss de Cinéma Choc a amplement rattrapé le coup sur ce film. Malgré l'expérience au cinéma chtarbé que j'ai développé au fil du temps, plus rien n'était censé me bloquer. Qui aurait cru un jour que j'allais, une deuxième fois, sérieusement réfléchir à faire la chronique d'une autre pellicule ? Seulement, maintenant que mon endurance était nettement améliorée, la confiance était au beau fixe avec du recul et une nuit de sommeil. Secundo, aussi étonnant qu'il puisse paraître, ce... truc abordé aujourd'hui n'a eu que peu de visibilité sur le Web français au niveau des billets publiés. On en parle, bien sûr, mais sans approfondir davantage la chose.
Et c'est quelque chose que je serai très loin de reprocher car du courage, il m'en a fallu à l'heure d'écrire tout ça. Pourtant, rien ne laisse présager le film le plus perché de toute la Voie Lactée. Loin de là, très loin de là même. En comparaison de certaines...c hoses publiées ici même, le métrage d'aujourd'hui pourrait s'apparenter à un opus des Avengers en termes d'accessibilité. Mais qu'est-ce que tout cela ? Laissez-moi vous présenter Maniac, sorti en 1934, et donc à ne pas confondre avec le Maniac de William Lustig et son remake car absolument rien ne les relie. Le synopsis nous offre déjà un petit aperçu.

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ATTENTION SPOILERS : Don Maxwell travaille comme assistant de laboratoire pour le Dr Meirschultz, un scientifique fou, qui tente de ramener les morts à la vie. Lorsque Don tue Meirschultz, il tente de cacher son crime en devenant le médecin, en reprenant son travail et en copiant son apparence et ses manières. Ce faisant, il devient lentement fou.

Un synopsis somme toute basique, un film américain des années 30. A première vue, la confiance pourrait être de mise, mais c'est sans compter sur sa splendide réputation que les choses vont se corser. Les qualificatifs ne manquent pas : "un film tellement mauvais que c'est bon", "véritable chef d'oeuvre de la corbeille", "pire film de tous les temps" (avant d'être supplanté par Plan 9 From Outer Space). Vanity Fair s'est aussi permis de le classer dans sa liste des 20 pires films de tous les temps. Et voilà, s'offrait à moi l'opportunité de chroniquer l'une des plus grosses purges sorties depuis l'avènement du cinéma et signées Dwain Esper. Pour la petite information, certains lui ont attribué le qualificatif de "père de l'exploitation moderne" par son attrait à insérer des scènes de nudité et de violence gratuites. Une première et Dieu que j'ai souffert pour en arriver là !
La raison ne tient pas à une hypothétique dimension expérimentale mais bien à la qualité de cette étrangeté dont les sommets de médiocrité sont si hauts que cela tient plus du génie que du tâcheron. Comment en arriver àça ? Etait-ce voulu ou purement inconscient ? Le doute est franchement permis là-dessus car, à aucun moment, le film ne se prend au sérieux et c'est ça que j'aime bien. Car le cinéaste assume son style, assume le fait qu'il va donner naissance à une bouse de premier ordre. Et Dieu (encore lui) sait que j'avais du mal. Mauvaise nuit de la veille et un Maniac dont le rythme rivaliserait avec les meilleurs somnifères disponibles sur le marché.

Heureusement, la chose ne durait que 50 min et il n'en aurait pas fallu plus sous peine d'abandonner la séance de désespoir et de me réfugier sous la couette à défaut de me défenestrer vu que la fenêtre de mon kot est trop petite et que je suis au premier étage d'une grosse villa avec pelouse en contrebas. Et ces 50 min furent éprouvantes à plus d'un titre. Le scénario en lui-même n'est pas crétin du tout. Un assistant tuant un scientifique, revêtant ses oripeaux, copiant ses manières pour sombrer dans la démence. Une idée de départ pour le moins géniale et donnant naissance à une nullité tout autant géniale. Tourné avec un budget rachitique de 7500$, on ressent très vite les limites financières. La palme étant la scène qui a rendu le film célèbre à savoir le passage où l'assistant, Don Maxwell, arrache le globe oculaire d'un chat pour le manger. Sachez que le globe oculaire est représenté par une lamentable petite bille mais l'innocence de la chose est telle que l'on en est conquis, lâchant un rictus empreint de compassion. Evidemment, si c'est l'instant le plus mémorable du métrage, n'allez pas croire qu'il sera le seul.
Constamment, et jusqu'à la dernière minute, on n'arrive pas à redescendre du trip, à réaliser qu'Esper a osé sortir ça, n'a, je dirais, même songer à un tel projet. Il faut voir à quel point la bagarre finale vaut de l'or dans l'absurde niveau violence de cour de récré d'école primaire. Il faut voir aussi le rendu des crises d'un malade mental après injection accidentelle d'adrénaline. 

Maniac_(1934)_-_Shot

Bien entendu, on en arrive à tout l'aspect visuel du titre. Autant dire que ce n'est pas mal du tout, l'image est plutôt intéressante bien que les décors soient tout ce qu'il y a de plus sommaires. Un laboratoire de savant fou cliché au possible et des pièces diverses. A noter que l'on retrouvera l'un des emblèmes des films d'exploitation de Dwain Esper avec ces filles en lingerie fine se prélassant sans raison apparente. On rechignera, sans surprise, sur des cadrages pas toujours de bonne qualité. La scène de l'homme courant dans la nuit est impossible à visualiser. De plus, Esper s'est arrogé le droit d'incorporer un peu d'originalité avec des images se superposant aux scènes où le personnage sombre dans la folie. Images provenant du film italien "La Malédiction de la Sorcière".
Pourquoi ? Mystère ! Pour le son, je n'ai pas fait attention donc ça vous donne une idée du niveau du film. Et l'interprétation des acteurs, alors là on nage dans le grand n'importe quoi. Des acteurs surjouant, cabotinant à fond avec panache et envie, qui plus est. Bill Woods, la grande star du film, nous livre une prestation d'anthologie dans la nullité. En toute logique, un homme comme ça est censé nous intimider, nous mettre mal à l'aise. Mais pas lui, oh que non ! S'il est au sommet de la pyramide, les autres ne démériteront pas. Citons Horace B. Carpenter, Ted Edwards, Phyllis Diller, Thea Ramsey et d'autres aussi inconnus à l'international que le quidam de base croisé dans une rue un jour pluvieux. 

Je ne vous cache pas mon extatisme d'être arrivé au bout de cette chronique (avec succès ou non, c'est vous qui décidez) après 3 foutus jours entrecoupés de très longues pauses (il faut quand même vivre et faire autre chose). Ce qui m'a donné l'idée d'un projet top secret que je mettrai en place d'ici quelques mois maximums. Ceci dit, il m'est bien difficile de dire plus que je n'en ai déjà dit. Les paragraphes précédents dépeignant ce à quoi il faut s'attendre avant de s'y lancer, moyennant une préparation psychologique indispensable. Reprenons en choeur : mise en scène à faire bâiller un hyperactif, narration crétine, prestation absolument renversante d'acteurs jouant comme des pieds, illogisme constant et il y aurait encore beaucoup à dire mais cela dépasse mes capacités de chroniqueur amateur.
D'ailleurs, hilarant de savoir après prospection que AlloCiné a osé classer ça avec une interdiction aux moins de 16 ans. Il y a des films comme ça qui ont le don de vous court-circuiter le cerveau, incapable d'émettre un jugement valable (alors pour écrire un billet, vous imaginez). Ainsi, je vous prierai de m'excuser sincèrement pour la frugalité de cette chronique mais quand c'est trop, c'est trop. Maniac ou le métrage tellement pitoyable qu'il en devient fascinant. Telle serait la phrase qui le décrirait à merveille. Par contre, une fois mais pas deux !

 

Note : ???????????????????????????????????????????????

 

 

orange-mecanique   Taratata

 


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